Pourtant Nous y avions cru ….

Publié le par MOHAMMED HADJ AISSA

Je me souviens ….

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Ce matin en allant rendre visite  à ma mère comme tous les matins et à  seulement quelques pas du seuil de la maison, je rencontre, oh  surprise !,  quelqu’un que j’ai perdu de vue il y a fort longtemps. Il descendait en vélo la rue « petite seguia » (seul le nom est resté mais point de seguia) et se dirigeait vers la ville. Je le reconnus de loin, il n’avait pas beaucoup changé, il  allait passer sans s’arrêter car il ne m’avait pas reconnu. Comment  pourrait-il me reconnaitre après une aussi longue période, j’avais 16 ans environ lorsqu’on s’était connus, j’avais  alorstout juste un peu de duvet sur le visage. Notre ami se trouvait maintenant en face  d’un vieux monsieur à la barbe blanche qui l’appelait par son prénom. Ce n’est qu’en s’approchant de moi de plus près et après m’avoir longtemps dévisagé qu’il me reconnut enfin. Il se jeta sur moi pour m’étreindre fortement, il  était au bord des larmes tant l’émotion était grande.

Comment ne  pas être ému aussi fortement au souvenir de cette année 1963  où on s’était connus dans des circonstances exceptionnelles ?

J’avais 16 ans et suivais les cours de seconde lettres au lycée de Boufarik. Nous étions en vacances scolaires, c’était l’été. L’état Algérien naissant avait sollicité les étudiants et les lycéens pour participer à une campagne d’alphabétisation des adultes, la première de  l’après indépendance. Nous nous étions mobilisés par dizaines pour cette vaste campagne qui nous donnait un sentiment de fierté et d’importance aux yeux de nos parents. Nous nous sentions adultes à cet âge précoce.

On me confia une classe dont faisait partie notre ami qui devait avoir une trentaine d’années. La campagne dura pendant tout l’été et les premiers résultats furent très encourageants, la volonté de bien faire était là, les gens croyaient en leur pays fraichement libre. Notre ami était le meilleur élève de la classe et au bout de quelques semaines les plus studieux des élèves commençaient à lire le journal. C’était fantastique !

Notre ami me le rappelait encore ce matin «  c’est grâce à vous que j’ai pu vaincre l’analphabétisme « 

-oui, peut-être mais c’est surtout grâce à votre grand courage et votre volonté inébranlable que vous avez pu y arriver, lui-répondis-je

Des moments inoubliables des premières années d’indépendance du pays, nous étions jeunes, plein de merveilleux rêves  pour nous et pour notre pays. Mais ce qui s’est passé par la suite a vite fait de  nous déchanter.

Nous y avions  pourtant cru pendant un certain moment !

Publié dans SOUVENIRS

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Soukehal djamal abdenssaer 24/06/2011 10:18



Ils sont restés mes amis, les pionniers du savoir post indépendance. Rendons hommage à titre posthume à un grand Monsieur Mustapha Choul. Les cours de soutien de l'école pasteur, pendant les
grandes vacances d'été. Messieurs Sonne, Abdellaoui..... Merci



youcef laghouati 24/06/2011 00:32



Mon cher Hadj tu m'a ramené à l'age de 18 ans lorsque j'étais enseignant de la première promotion d'après l'indépendance à l'école du schettet, nous aussi nous avons participé à cette campagne
d'alphabétisation, quelques uns de mes anciens élèves (adultes sont encore vivants et m'appellent à ce jour par Monsieur comme du temps de l'école, quels beaux souvenirs inoubliables merci pour
ce petit retour de manivelle. Youcef Laghouati. ou Mr.Bourezg à  l'époque de l'amour de la vraie vie et des VALEURS humaines.



Kahouadji 23/06/2011 20:16



Nostalgie, nostalgie , quand tu nous tiens!!!!



didi tahar 23/06/2011 09:47



qui etait se monsieur ? si mohamed; vous devez écrire un roman de nostalgie laghouatique ; je vous le dis serieusement.



MOHAMMED HADJ AISSA 23/06/2011 16:55



c'est quelqu'un du nom de Sadek qui doit avoir maintenant dans les 75 ans environ



Mohammed Hadj Aissa 23/06/2011 06:04



nos camarades qui ont partcipé a cette campagne : abdellaoui djelloul et ali, mohamed tayeb hadj aissa, bederina bachir,chettih messaoud,ferhat yahia,djelloul sonne,boufateh mohammed et j'en
oublie