Regards sur notre région : Extraits du livre "Laghouat, Essai d'histoire sociale" d'Odette PETIT - suite

Publié le par LAGHOUATI

Regards sur notre région : Extraits du livre "Laghouat, Essai d'histoire sociale" d'Odette PETIT - suite

CHAPITRE III  

LAGHOUAT SOUS LA DOMINATION FRANCAISE

Nous avons vu, dans le chapitre II de cet essai, que l'arrivée des Arabes en Afrique du Nord avait entraîné, dans le site de Laghouat, une augmentation du peuplement, qu'un certain nombre de bourgades s'étaient créées et que, de leur groupement, était issue de Laghouat, ville fortifiée, capable de lutter contre les nomades qui se partageaient l'espace environnant.

Dans les pages sur l'administration de la ville et sur son organisation intérieure, nous avons mis en relief les alliances des tribus nomades avec les divers "çoff" laghouatis qui étaient les indispensables facteurs d'équilibre des discordes sociales.

Nous avons enfin constaté que les souverains "étrangers", Turcs ou Marocains, n'investirent jamais Laghouat de façon durable. Soulignons immédiatement que ce ne fut pas le cas pour les Français, qui, au début de la deuxième phase, que nous allons maintenant aborder, furent amenés à occuper Laghouat et qui s'y maintinrent plus d'un siècle.

Ce troisième chapitre sera consacré à l'examen des incidences de l'occupation française sur l'économie laghouatie et de ses effets sur la structure de la société et sur le comportement de ses membres. Cette étude nous permettra de mieux comprendre les attitudes nouvelles qui apparaissent dès la fin de ces cent années de domination française, et qui s'affirmeront au cours de la phase suivante dont le terme est marqué par l'indépendance de l'Algérie.

à suivre ...

Extraits sélectionnés par notre ami Ahmed Mechattah

 

Publié dans AHMED MECHATTAH

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Samir 28/01/2011 11:39


Etymologie des Noms et prénoms berbères On voit bien qu’il y a la une vraie déferlante onomastique arabo-islamique dont on trouverait des centaines, des milliers d’exemples à travers le Maghreb.
Par la suite, c’est l’ensemble du système anthroponymique qui a été touché en profondeur, et différentes pages de Germaine Tillion nous montrent fort bien qu’il est difficile ensuite d’en sortir.
Des noms se redonnent indéfiniment, et des rituels précis d’attribution du nom peuvent être observes, comme celui de donner au fils ainé (position capitale par rapport au terroir et au non
fractionnement de l’héritage le nom du grand-père. Le nom d’un homme se compose donc de deux prénoms : un prénom choisi pour lui à la naissance, suivi d’un autre prénom qui est pour lui, en
principe, celui de son père. L’ensemble des deux prénoms constitue une identité, un marquage suffisant dans une société ou chacun connait parfaitement l’autre. En principe, l’identité du grand-père
paternel est attribuée au fils ainé du fils ainé, à moins que le grand-père ne soit encore vivant, ou qu’un fils de cadet, né avant son cousin, n’ait déjà usurpé le symbole. Cela arrive rarement,
car, tout comme les patriarches de l’Ancien Testament, les Amazighs ne mariaient leurs cadets qu’après l’ainé – du moins il y a cinquante ans. En conséquence, lorsqu’on rencontrait un ainé-fils
d’ainé ne se prénommant pas Mohand, mais ‘Abdallah ou Mohand, on en pouvait déduire qu’il était né après la mort de son grand-père, et que ce grand-père avait été probablement un cadet. Dans cet
ordre d’idée de l’arabisation de l’onomastique, Emile Laoust (1942) faisait également cette observation : L’arabisation n’a touché la toponymie que dans une proportion assez faible : 7,31 % des
lieux dits de l’Adrar n Deren. Parmi ces noms, ce sont les ethniques, crées selon la conception et la terminologie orientale, qui prévalent :ayt bu S’aid (ou Ait Bou Said) [.] En raisonnant ainsi,
on en arrive à distinguer la surface, l’épiderme, de l’identité berbère, qui a reçu très lentement, mécaniquement et légitimement, des apports de l’arabe par le biais de l’islam d’une part, mais
aussi comme le souligne Kahlouche (1998) et plusieurs autres, qui a fait l’objet d’arabisations plus récentes, depuis la décolonisation de l’Algérie notamment. Notons d’ailleurs que c’est assez
récemment qu’a commencé la levée des interdits et qu’il a été difficile, notamment durant les premières décennies de la décolonisation, d’affirmer une identité berbère par les noms personnels. Cela
devient aujourd’hui un peu plus aisé et reviennent alors ou sont popularisés des Anzar (divinité de la pluie), Azerwal (aux yeux bleus), Izem (lion) etc. pour les garçons ; ou pour les filles
Tafsut (printemps), Tala (fontaine), Taqnart (poupée) etc. Sans compter évidemment les prénoms à forte charge identitaire berbère, type Mas(s)inisa, Yougourtha (= Jugurtha), Kahina (et bien
d’autres, moins connus), tous personnages emblématiques de la résistance berbère ou de la berbérité pré-arabe. Que cette zone interstitielle de l’anthroponymie personnelle se transforme en lieu de
tension et de récupération parait parfaitement cohérent aujourd’hui, au moment ou le berbère tente de récupérer activement positions et fonctions dans le paysage linguistique du Maghreb, ou de
l’Afrique du Nord si l’on préfère. Un autre secteur est évidemment sous l’emprise de l’arabe, mais pas exactement pour les mêmes raisons. C’est celui des tranches territoriales et sociétales (et
des terminologies) auxquelles nous renvoient et l’ensemble de l’ethnographie berbère. Par exemple le mot ferqa, tout à fait fondamental est tiré de la racine arabe féreq séparer, disjoindre, ferqa
fraction de tribu. Le cas n’est pas isolé, dans la même région de l’Aurès et plus généralement en Algérie, ‘arch. venant aussi de l’arabe, mais aussi mechta village de tentes, douar, karouba
takharubt et même coff (ainsi que Leff), si importants pour les Berbères dans leur ensemble .Assez curieusement cette pression va jusqu’à toucher à la cellule nucléaire considérée jusqu’à nos jours
comme faisant partie de la (horma). N’oublions pas enfin (sorte de parallélisme naturel avec ferqa) que c’est encore l’arabe [qabīla], pluriel de [qbāyel] tribu qui est a l’origine du type berbère
taqbilt et, bien entendu de l’ethnonyme actuel Kabyle, ou l’on comprend mieux que les Kabyles représentent justement ces tribus montagnardes rebelles aux pouvoirs centraux. Cette fois, de proche en
proche, on s’aperçoit que ce sont au fond les verrous, les repères langagiers qui paraissent attaqués, remplacés, portés linguistiquement par L’arabe, bien que et à condition que l’ensemble
(c’est-a-dire ce à quoi ce réfère le nom) reste structurellement, anthropologiquement berbère. C’est donc bien une forme d’arabisation de la terminologie territoriale qui est en cause, à rapprocher
évidemment de l’arabisation des ethnonymes. Une arabisation qui touche à peu prés les trois degrés plus haut définis, mais ceci nous donne aussi la clef de l’affaire : cette arabisation qui ne
laisse pas d’intriguer au départ n’altère en fait que la superficie, la face visible du signe. Ce serait à nouveau ce qu’il faut céder pour que les structures anthropologiques basales ne soient pas
affectées. Ces types anthroponymiques sont à présent recensés par différents sites Internet berbères. Exemple www.tamurth.net (tamurth signifie, terre, pays), ou www.mondeberbere.com. Noter aussi
que le terme est passé en castillan et en Espagne, ou l’on parlait par exemple (à l’époque du Protectorat notamment), de las kabilas del Rif. Samir Amirouche Ouramdane d’Azzouza Larbaâ Nath Irathen


Soukehal Djamal abdenasser 28/01/2011 09:09



J'attends avec impatience la suite, sur l'histoire récente on peut émettre un avis.