Regards sur notre région : Extraits du livre "Laghouat, Essai d'histoire sociale" d'Odette PETIT - suite

Publié le par LAGHOUATI

Regards sur notre région : Extraits du livre "Laghouat, Essai d'histoire sociale" d'Odette PETIT - suite


Il n'est que d'écouter les anecdotes que racontent encore de nos jours les vieux Laghouatis pour trouver la confirmation de ce qui précède. Et voici une qui illustre la haine séculaire qui
nourrissaient certains Laghouatis envers les Beni Zayyâne.


Des brigands avaient volé un berger de Laghouat, ainsi que les bêtes qu'il gardait. Les propriétaires des troupeaux allèrent à la poursuite des brigands. Il y eut change de coups de feu.La jument de Chat't'i, descendant des Beni Zayyâne et gouverneur de Laghouat, fut tuée. Son propriétaire réclama deux cent rials de dommages. La quête rapidement organisée ne rapporta que cent soixante rials. Craignant la colère de Chat't'i, les propriétaires des troupeaux volés décidèrent  que, si le gouverneur refusait les cent soixante rials, ils le tueraient. Le premier coup de feu tiré dans la maison de Chat't'i refusa : il fut tué et ses adversaires exterminèrent une grande partie des Beni Zayyâne et les autres durent s'enfuir à Tolga. Bien entendu, on peut trouver d'autres explications de cette "loi d'opposition".


Dans le cas de Laghouat, on pourrait invoquer la disposition topographique (Laghouat est bâtie sur des mamelons distincts), des impératifs économiques ( les deux partis se disputent la propriété
de l'eau bienfaisante et des bergers fertiles de l'oued M'zi, appelé alors l'oued Lekhier : de l'abondance) des facteurs ethniques (l'origine très diverse des populations n'est pas de nature à encourager les regroupements).


A notre avis, toutes ces raisons résultent du phénomène social qui doit, lui, être considéré comme fondamental. Car la fonction essentielle des çoff consiste à permettre en quelque sorte l'instauration d'un régime démocratique, à empêcher l'arrivée au pouvoir d'un dictateur, d'un potentat ou d'un tyran, à réaliser une vie sociale plus épanouie que les partis "dynamisent" en maintenant constamment l'équilibre des forces en présence.


Quoi qu'il en soit, nous nous contenterons, pour le moment, de retenir l'existence de deux partis importants constitués par les regroupements d'éléments anciens appartenant à des tribus d'origines très diverses et provenant de régions fort différentes. Des familles sont venues au cours des siècles gonfler les deux embryons originels, ce sont les "Oromm" ": pluriel de "Orma" : amoncellement, petit tas) qui ont perpétué l'opposition initiale.


Notons cependant que l'on peut observer un certain brassage des Oromm dans les divers quartiers de Laghouat : c'est pourquoi la nouvelle cité ne tardera pas, au fur et à mesure de son développement, à devenir la mosaïque composée de cellules que nous trouverons à la veille de la conquête française.


à suivre ...

 

 EXTRAITS  SELECTIONNES PAR AHMED MECHATTAH


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Bederina 21/01/2011 21:17


Chez nous c'est les affabulations ou le denigrements autres choses ce n'est pas de mise


Benadjilla 21/01/2011 14:42


Et nous qu'avons nous écrit si ce n'est des odes pour sanctifier le fait du Prince


Merrad.Z 21/01/2011 14:39


On n'a pas le choix on fait avec ce qui est écrit et à nous de faire la part des choses intelligemment et sans animosité


Benyelles 21/01/2011 14:02


Les orientalistes ont écrits l'histoire de notre pays selon leurs convictions et leurs approches Judéo-Chrétienne et ils demeurent malgré tout les seuls repaires le défaut est que les gens qui
détiennent la vérité n'osent pas pas l'écrire de peur de froisser et puis l'oralité avec ses fabulations a certainement trahi l'esprit de tout récit le tribalisme pour accentuer le fossé qui existe
faisant le reste Merci c'est beau de creuser Benyelles Tlemcen


Samir 21/01/2011 12:47


La haine et les rancœurs ont de tout temps été les moteurs de ce monde apocryphe et hypocrite à souhait à nous de tirer les meilleures conclusions de ce qui se dit ou s'écrit mais de la à croire
selon les allusions de certains esprits chagrins que Sidi Hadj Aissa ait proféré de telles insanités à l'endroit de sa chère ville aucun esprit éclairé ne pourrait croire à ces inepties à bon
entendeur salut .Samir Amirouche Ouramdane Azzouza


Samir 21/01/2011 10:57


La haine et les rancœurs ont de temps été les moteurs de ce monde à nous de tirer les meilleures conclusions de la à croire que Sidi Hadj Aissa ait proféré de telles insanités à l'endroit de sa
chère ville aucun esprit éclairé ne pourrait croire à ça à bon entendeur salut .Samir Amirouche Ouramdane Azzouza


Soukehal Djamal abdenasser 21/01/2011 06:23



Bonjour à vous tous


Merci.


La réponse d'un homme sage est vénéré qu'était notre père à tous nous réconforte.  Allah Yrahmou.



Soukehal Djamal abdenasser 20/01/2011 22:36



Ok pour çaff, c'est plus correct.


le bouche à oreille peut nous jouer des tours. La haine séculaire que nourrissait certains Laghouatis envers les Beni Zayyane est quelque part faux,
le colonisateur fabulait sur certains récits, et ajoutait des assaisonnements sur certains récits réels tels la haine à la tribu x l'amour à la partie y et
ainsi de suite.


Les fabulations et les racontars colportaient sur un homme sage et sain Sidi El Hadj Aissa en sont la meilleure preuve. Pensez vous mes amis que l'homme saint et sage pouvait devenir en une
fraction de seconde un second Homme et proférez des malédictions sur une ville qu'il a tant aimée et qui l'a si bien accueillie.  



LAGHOUATI 21/01/2011 04:43



tu me rappelles une anecdote sur mon père auquel on lui posait une question du genre :" est-il vrai que sidi hadj aissé a dit ceci ou cela à propos de tel ou tel évènement"  , mon père leur
répondit" s'il est vrai que c'est un saint  il ne peut pas avoir dit ça" c'était sa seule réponse



Mebarki 20/01/2011 22:03


Merci Messieurs Mimouni et Samir pour ces informations


Samir 20/01/2011 21:30


Voici en complement des informations de Si Mimouni , Si aujourd’hui, le village est juste une agglomération, il était, il y a un siècle, une unité administrative et politique qui jouissait d’une
autonomie telle qu’on a parlé, à propos de cette organisation de ‘’républiques villageoises’’. Une assemblée (tajmaat) l’administrait : elle était formée de tous les citoyens mâles pubères, elle
faisait respecter les lois édictées par les anciens, abrogeait celles qui ne convenaient pas et en édictait, en fonction des besoins, de nouvelles. C’est encore tajmaat qui décidait du travail
communautaire gratuit et obligatoire ( tiwizi ), qui levait l’impôt, déclarait la guerre et administrait les biens de mainmorte ( awqafs ou habous ). La djemaa élisait un chef de l’exécutif qui
présidait l’assemblée et faisait appliquer ses décisions : c’est, selon les régions, lamin, amghar n taddart, amuqran, etc. Le chef ou président de l’assemblée était assisté d’un adjoint, appelé
tamen ou oukil. Par souci de démocratie et de pluralisme, on le choisissait généralement dans le parti ( çoff ) hostile à celui du chef. C’était un moyen de contrôler les agissements de lamin et de
dénoncer tout abus d’autorité et tout dépassement. Ces dernières années, le système de la djemaa, mis en veilleuse, semble avoir retrouvé du dynamisme : partout en Kabylie, les assemblées se
reforment, notamment pour décider des travaux communautaires. Des cotisations périodiques sont faites, y compris par les citoyens expatriés. L’argent sert à financer les travaux d’utilité publique,
à organiser les fêtes communautaires ( Timecrad’ ), à réaliser les adductions d’eau potable, à nettoyer les rues, etc. Des caisses se retrouvent même dans l’émigration kabyle et servent notamment à
rapatrier les émigrés morts. Et les villes ? Si l’existence du village en Kabylie est attestée, et depuis longtemps, celle de la ville, est mise en doute. Il n’y a toutefois pas de ville dans la
tradition kabyle : les villes actuelles datant de la colonisation… On veut citer comme preuve l’absence, en langue kabyle, d’un mot pour la ville,le terme utilisé actuellement étant d’origine arabe
: tamdint. Le terme berbère désignant la ville relève d’une racine ( GH R M ). Il est encore attesté dans plusieurs dialectes, avec des formes assez proches, à la fois dans le sens de ‘ ’ville ’’
mais aussi ‘’ village ’’. Ainsi, en touareg, on a : aghrem, pl. igherman "ville, bourg, village" taghremt, pl. tighermâtîn " petit village, petit château ". Dans le dialecte du Djebel Nefousa (
Adrar Infusen ), en Libye : aghrem, pl. igherman " ville ". En mozabite : aghrem, pl. igherman " cité, ville, ville entourée de remparts, village ". En tamazight, dialecte du Maroc central :
ighrem, pl. igherman " village, village fortifié, magasin à grain " tighremt, pl. tighermin " maison fortifiée ". En tachelhit ( chleuh ) : tighremt, pl. tighermin " maison fortifiée, maison
pourvue de tours ". Le mot se retrouve même en zénagi, dialecte berbère de Maurétanie, aujourd’hui en voie de disparition : irmi " village, agglomération sédentaire ". Ce mot, d’assez large
extension donc, serait absent du kabyle. Rien de plus faux : si le mot est,en effet absent de la langue actuelle, il est encore attesté dans la toponymie kabyle, notamment en Petite Kabylie, où des
villages et hameaux portent le nom de Tighramt, Ighram, le plus important étant Ighram, sur la rive gauche de la Soummam, non loin d’Akbou. La toponymie, comme on le sait, garde ce que la langue,
évoluant, perd ou transforme. Le nom de la ville a donc existé en kabyle, tout comme les villes qu’il désigne ! Si les villages se trouvent surtout sur les hauteurs –pour les raisons de défense que
nous avons évoquées- les villes se trouvent surtout en plaine ou alors non loin de la mer. Samir Amirouche Ouramdane Azzouza


Ahmida Mimouni 20/01/2011 16:07



Dans le Coran, le mot 'hizb désigne ce qu'en français on appelle une ligue, c'est-à-dire un groupe formé autour d'une cause pas toujours équitable, généralement politique. Le code pénal parle de
"reconstitution de ligue dissoute".


Tandis que le mot çaff, toujours dans le Coran, est employé pour désigner une assemblée constituée autour du bien, par les croyants et même les oiseaux et les anges.C'est le rang indestructible.


C'est très certainement ce qui a amené nos ancêtres à désigner leurs partis politiques par le mot çaff (ou çoff comme se plaisent à l'écrire les "orientalistes") et non pas 'hizb, comme on le
fait aujourd'hui.


C'est un point de vue personnel, qui n'a rien de scientifique



LAGHOUATI 20/01/2011 16:37



Mais vos avis sont devenus pour nous des références meme s'ils sont personnels. Bonne journée si Ahmida, qu'Allah vous garde pour nous , pour Laghouat et pour vos enfants



Soukehal Djamal abdenasser 09/01/2011 06:28



Dans le chapitre "Civilisation berbère et monde musulman"  : … qui, selon
certains auteurs, les caractériserait ; ces assemblées désignées par des clans ou *çoff représentaient en réalité une étroite oligarchie
d'anciens, gouvernant au nom de la
tradition.