Pour que nos jeunes sachent l’histoire de leur ville (11)

Publié le par LAGHOUATI

28/01/2011 à 23:00

28/01/2011 à 23:00

28/01/2011 à 23:00

"Sur la Rahba des groupes d’hommes se constituent, discutant et savourant, après l’’asr les doux après-midi assis sur les doukanas. D’autres, à même le sol sur une H’sira sirotent bruyamment un thé ou une Kahwa Saffai (café égoutté) ou encore un café turc,Nous, Telloua ( café mi-poudre mi-liquide) ; certains fument un empestant Ar-ar. Des groupes entourés de badauds jouent au Sig, Damma, Msebaa, Felja ou à d’autres jeux. Les plus âgés répètent interminablement Edikhr en égrenant leurs Sebha.

Par moments une douce mélodie sortie d’une Gasba, petite à quatre trous qu’un joueur aux doigts souples vient de tirer de sa gandoura accompagne la voix langoureuse d’un chanteur en sourdine. Dans un silence religieux les assistants écoutent les tendres roucoulements du roseau. Il y a tant de bien-être à se sentir vivre et penser dans un tel accord de sensations et de rêves ; le charme est incomparable, la musique admirable par sa douceur et sa mélancolie.

Dans la Rahba on peut assister à l’arrivée et départ de la diligence qui sert de communication et moyen de transport des voyageurs et des colis vers et à partir de la ville de Laghouat. C’est au son de la trompe que la diligence franchit la porte de Laghouat, tout le monde est sur le seuil pour la regarder passer.

L’arrivée de cette diligence est un évènement car elle apporte dans ses flancs les nouvelles d’Alger, du Maroc et du M’zab qui constituaient les destinations les plus régulières. Les convoyeurs servent également de facteurs souvent bénévoles. La diligence remplie de paniers, de couffins et de leurs propriétaires s’y entassent pendant des heures et des heures vont voyager dans les espaces immenses sans fin. La rocaille, les hamadas, les dunes, les mamelons, B’toums, Sder, et Drinns, sous un souffle parfumé de Chih, sont les paysages offerts aux yeux des passagers.

Pendant les longues chevauchées et durant les haltes les convoyeurs donnent « les nouvelles » aux passagers les informant des évènements, communiquant les cotations des prix pratiqués sur les animaux et denrées et ne manquent pas d’agrémenter le voyage de courts récits et d’anecdotes. Lorsque sommeillent les voyageurs, ils se lancent dans des « aiee-aiee » en solo sopranos….. »

Extrait du livre «  La Bataille de Laghouat- Le Génocide-«  de Mohammed Chettih

Publié dans Chettih mohammed

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Samir 29/01/2011 21:32


Toutes les forets du monde et tout l'encre de l'univers ne suffiront pas pour decrire les ignominie d'un colonisateur sans état d'ame Samir Amirouche Ouramdane d'Azzouza


Soukehal Djamal abdenasser 29/01/2011 06:42



On vivait bien, déjà, toute cette gaieté, ce travail de fourmi, ... On sent que la narratrice nous prépare à quelque chose d'horrible et d'atroce.