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Laghouat, Histoire

 Culture ,VALEURS , Souvenirs  ....

Laghouat la bienheureuse, la ville blonde, comme sortie des Mille et Une Nuit…

J’en ai conservé une vision flamboyante et inoubliable de terrasses blanches, de murs roses,
de poussière dorée vibrant dans la lumière chaude du Sud.
Laghouat est une ville à part tant par son aspect extérieur que par sa vie intérieure.
 Elle a moins d’originalité apparente que telle ou telle ville du Sud Constantinois ;


mais elle est plus riche d’activité, de tradition et d’histoire plus originale en réalité […]

                                                                              Robert Dournon

 









 

Présentation

Profil

  • : MOHAMED BEN CHIKH AL -AGHOUATI
  • sidielhadjaissa
  • : Homme
  • : 23/02/1947
  • : Maroc Algérie Tlemcen Medine Laghouat
  • : lecture Afrique communication amitié psychologie
  • : Fervent passionné de la ville qui m'a vu naitre un certain 23 février de l'année 1947.Le riche passé de cette ville , la grandeur d'ame de ses habitants font qu'elle ait une place de choix dans mon coeur.

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Dimanche 5 juillet 2009



Hercule Laghouati

 

            Jadis ,durant les années cinquante, lors de la construction de notre humble et modeste demeure, mon père eu l’honneur et le privilège d’avoir Monsieur  Dhahbi Tayeb ben  Errais comme maçon, ce dernier incarnait l’exception exceptionnelle, si ce n’est l’extraordinaire, un véritable Super man dans son genre et dont la force était Herculéenne, a tel point que de son vivant, je n’aurai pas hésité à parier dix contre un qu’il n’aurait fait qu’une bouchée de l’actuel gouverneur de l’état de Californie, MR Arnold   Schwarzenegger, la montagne de muscles Américaine, qui détenait tous les records des différentes prouesses des conditions physiques, eu égard à son impressionnante et imposante musculature, développée artificiellement, grâce à des entraînements intensifs de culturisme et à un vaste arsenal de produits chimiques dopants.

 

            Permettez moi chers lecteurs de vous décrire notre illustre maçon, notre Super man, notre Hercule des temps modernes. Il était blond, de grande taille, bien imposante, aux yeux bleu azur, au regard glacial, à vous congeler le sang dans les veines, impossible de le fixer droit dans les yeux, sans faire  hérisser votre chevelure, de crainte et de peur. A le voir, au premier contact, on  dirait un véritable despote, si ce n’est un implacable tyran, eu égard à son regard perçant et involontairement inquisiteur, mais après plus profonde connaissance, vous le trouverez débordant de gentillesse et d’altruisme. Sa physionomie et sa démarche imposante nous interpellait et forçait en nous, crainte, admiration et  considération.

En sa singulière qualité d’excellent maçon, il avait l’étrange et l’incroyable particularité de se dispenser  de l’utilisation de marteau, dans l’exercice de sa fonction. Cet  indispensable, voire incontournable et irremplaçable outil de percussion ne figure ni dans son dictionnaire, ni dans sa sacoche à outillage, compte tenu du fait qu’il avait une puissante poigne, des mains d’acier et une remarquable condition physique naturelle, digne des grands maîtres des arts martiaux. Il était  d’une musculature des plus enviables, développée et forgée naturellement grâce aux efforts physiques investis et consentis dans l’exercice irréprochable de son pénible métier. Rien ne lui résistait, d’un coup de main sec, il coupait en deux tout matériau de construction, tels que briques, parpaings, etc …, quels que soient leur consistance, leur résistance et leur dureté, excepté la pierre de taille, matériau dont il évitait l’utilisation. Il  était craint et respecté par tout le monde.


Lorsque nous  gamins, remarquions  qu’il était de bonne humeur et bien  réceptif aux plaisanteries,nous lui remettions une poignée de blé dur et lui demandions de la moudre,à l’aide de ses puissants doigts pour la transformer  tantôt en poudre très fine farine, tantôt en semoule ordinaire, tantôt en petits grains tchicha, lui  même il  trouvait un malin plaisir à participer à notre jeu, non sans visible amusement, révélé par un imperceptible sourire sur les lèvres, rapidement il nous réalisait notre commande, pour lui c’était un jeu d’enfant, alors que c’est une singulière prouesse de force dans la ville de Laghouat

 

Un jour, début du mois de décembre,  période propice de récolte  des dattes, alors que nous autres écoliers, étions entrain des lancer un déluge de pierres sur les régimes d’un malheureux palmier, à l’époque situé juste en face de la rue grande séguia (El Cabou) au milieu de la chaussée pour récolter ne serait- ce que quelques dattes et compléter notre maigre pseudo repas familial, afin d’assouvir notre faim, quand soudain déboucha de la rue notre illustre maçon sans marteau, notre Hercule Laghouati des temps modernes. Nous voyant agir de la sorte,  il s’empressa de nous interdire tout lancement de pierres, en nous demandant de respecter la nature et les passants, il était le grand ami de la nature et le fervent défenseur du Bio et de tout ce qui est naturel, nous nous révoltâmes intérieurement, tout en lui expliquant qu’on avait faim et qu’on  voulait y remédier par la consommation de quelques dattes.

 

En tant qu’homme sage et averti, ayant lui-même vécu durant son jeune âge, cette dure et cruelle étape, ainsi que la triste réalité de la pauvreté, de la malnutrition et de toutes les insuffisances de la vie courante, lorsqu’il était toujours à la recherche d’un rassasiement potentiel hors maison familiale. Notre Superman commença par ôter sa gandoura. Le voyant se dévêtir et retrousser ses manches de chemise, nous prîmes peur, croyant dur comme fer qu’il  allait nous administrer à chacun sa fessée méritée, à défaut de délicieuses dattes bien mûres et bien sucrées

 

Si tôt, débarrassé de sa gênante gandoura, il s’exclama, je vais vous en faire manger des dattes de toutes les couleurs, des mûres et des pas  mûres. Le voyant retrousser ses manches, ce geste inattendu sema en nous le doute, la crainte et la suspicion et accentua notre peur. Pour éviter toute éventuelle surprise et correction punitive, de la part de notre Superman, nous nous sauvâmes à pas de course, nous  voyant nous défiler si subitement, il nous interpella, revenez, revenez, je vais vous en faire voir les dattes à volonté, je vais vous en faire manger des dattes moi ! Cette imparfaite métaphore, inadaptée et suspecte suscita en nous encore plus de crainte, mais en le voyant étreindre à l’aide de ses puissants bras le palmier,dont le diamètre du tronc mesurait une quarantaine de cm et dont la hauteur mesurait approximativement  les dix mètres,notre crainte se dissipa.

 

Il commença à secouer énergiquement le palmier, provoquant une  tornade ponctuelle instantanée, O combien, Furent grandes notre surprise et notre satisfaction , en constatant qu’un déluge de dattes bien mûres avait en partie couvert le sol, tout autour du palmier généreux. Nous nous précipitâmes, à qui arrivera le premier, pour s’approprier chacun en ce qui le concerne, la part du lion en dattes, non sans remercier et applaudir à l’unisson notre Hercule bienfaiteur.

 

J’aurai souhaité avoir l’avis de nos honorables lecteurs  sur notre illustre maçon sans marteau, notre secoueur et notre ébranleur des palmiers, notre authentique superman, notre  véritable accro de tout ce qui est Bio et alimentation naturelle fraîche et saine, notre couche tôt, lève tôt, l’ennemi juré de toute alimentation congelée ou surgelée, l’ennemi juré des alcools, tout genres, toutes marques, et toute natures confondues. Notre valeureux Superman ne carbure qu’au lait de chèvres, au Lagmi, au Chnin, a l’eau ou à la citronnade nature,rien de plus, il a même banni de son vocabulaire. les excitants, tel que le café et le thé. Il ne consomme que les tisanes d’herbes médicinales sahariennes. Il adore plus que tout le légendaire MARDOUD LAGHOUATI, tel que préparé par nos grands mères, par journée hivernale glaciale, cette délicatesse aux mille et un légumes  et condiments super vitaminés. Même notre Président de la République , A BOUTEFLIKA. S’en est régalé et  n’a pas manqué de louer et vanté les bienfaits,. Les mérites et les secrets du Mardoud Laghouati, dans un discours à Laghouat.. Notre pseudo superman Sir Arnold SCHWARZEGGER est exactement aux antipodes et tout à fait le contraire de notre  véritable Superman, notre concasseur de matériau de construction, il incarne exactement sa négation. Il n’obeit à aucune discipline alimentaire, foncièrement anti Bio, super accro et fervent amateur des boissons alcoolisées ,tous genres et toutes marques confondues,presque tout ce qu’il absorbe est d’origine surgelée ou congelée, couche tard, lève tard, bref la photocopie inversée de notre authentique héros, notre BAROUD LAGHOUTI devais je dire, et non du Pétard taiwanais,cette dernière  métaphore symbolise notre pseudo champion Américain,pour qui l’ultime voie de  la déchéance est déjà bien amorcée. J’estime plus qu’opportun de vous communiquer la recette culinaire magique de préparation judicieuse de notre légendaire Mardoud Laghouati, eu égard au fait que ce plat avait particulièrement intéressé et plu à son excellence le Président de la République Algérienne. Nos grands-mères procédaient à  sa préparation par journée hivernale glaciale. C’est une délicatesse extrêmement riche en légumes et en condiments ainsi qu’en herbes médicinales Sahariennes, ayant contribué à rouler le couscous avant son mélange avec la sauce. Je me dois de vous énumérer à toutes fins utiles ; sait on jamais ? Les principaux  constituants de la sauce du  légendaire  mardoud Laghouati, qui se résument comme suit : viande séchée, poichiches, pomme de terre, truffes séchées, hermess, un soupçon d’huile d’olive, d’ail, d’ognon et un soupçon de citrouille, de préférence de variété Calabaz, sans oublier le  condiment passe partout et noble, la célèbre vitamine AH, histoire d’introduire un tigre enragé dans le moteur. En fin de cuisson, n’oubliez pas de faire surnager au dessus un izeberg de dhen lazrag 

 

Demander si vous voulez, par mail, à Sir Arnold, à notre pseudo Superman, s’il avait goûté ne serai- ce qu’une fois au légendaire et merveilleux Merdoud dont les miracles et les bienfaits lui sont inconnus, il vous répondra certainement  avec un  certain agacement qu’il ne pige que dalle à votre jargon et à  votre charabia et que ce Mardoud ne figure ni dans sons dictionnaire culinaire, ni dans son dictionnaire tout court.

 

Demandez lui s’il avait goûté ne serai- ce qu’une fois à une Tchicha Fric  Ramadhanienne made in Laghouat, bien agrémentée d’une infinité de condiments, ou le surgelé et le congelé n’ont pas leur place, il vous répondra encore plus agacé qu’il n’en a jamais goûté et que son alimentation se résume aux Hot-dogs aux sandwiches, aux amuses gueules, prêts à emporter en accompagnements lors des fréquentes saouleries

 

Demandez au pseudo superman Californien s’il a ne serai- ce qu’une fois mangé du Kaàbbouche ou de la Zriza , il vous répondra non sans agacement et énervement qu’il ne comprend rien à votre charabia et que vous commencer à lui taper sur les nerfs et qu’il ne comprend pas à quoi vous voulez  en venir. Et bien, si vous êtes  à court de réponse cinglante,laissez moi lui répondre et lui faire passer à jamais l’envie de monter sur ses grands chevaux et de bafouer les bonnes règles  de la bienséance et prendre les Laghouatis pour des moins que rien,Eh bien je lui dirai tout simplement qu’il n’est qu’un pseudo Superman, rendu célèbre par des publicités mensongères, un pseudo superman, comparé à notre véritable et authentique Champion, notre modeste personnage des grands jours, notre concasseur à main nue des matériaux de construction. Notre couche tôt, lève tôt, notre ébranleur de palmiers ne fera de toi qu’une bouchée, il te fera voir les pas mûres, les mûres et les trop mûres, il t’apprendra à le respecter et à conjuguer le verbe qu’il est le véritable champion à la troisième personne à tous les modes et à tous les temps, il fera de toi une marmelade,  une épouvantable loque humaine, en fin de parcours. Au seuil de la pire et ultime déchéance humaine. Figures toi qu’on est extrêmement fier de notre, el Marhoum DHAHBI TAYEB BEN ERRAIS, puisse DIEU accorder à notre regretté défunt sa Sainte Miséricorde  et l’accueillir en son Vaste Paradis. AMINE.

 

                               MORALE

Deux civilisations, deux modes de vie …!!!

SANS COMMENTAIRES.  NO COMMENT

 

 

                     KRADRA MOHAMED

 

Commentaire:

 

Oui, j'ai parfaitement souvenir du regretté Si hadj Tayeb Berrais qui était admiré par toute la ville de Laghouat pour sa force herculéenne. Personne n'osait se mesurer à lui tant il était craint et respecté.  Mais il avait un cœur d'enfant dans un corps d'hercule.

Il était habile maçon et tout le monde se le disputait pour avoir la chance de l'employer dans la construction de sa maison. Ils étaient rares, les maçons à l'époque ; je peux citer Si Ahmed Hadj aissa, si Hadj Attalah Hadef, si mohammed belhadri et encore quelques autres ,qui se comptaient dans les doigts d'une seule main. Ils travaillaient dur pour 1000 francs de l'époque alors que le manœuvre touchait à peine 400 francs mais, il faut dire que les prix du marché étaient très abordables et chacun y trouvait son compte. Les constructions de l'époque étaient généralement en toub (parpaings en terre de 40 cm) , jointes par du mortier. Ce qui donnait aux habitations une climatisation naturelle : fraîches, l'été ; chaudes, l'hiver. Et il était très agréable d'y vivre.  Le sol était  souvent en terre battue et pour les gens aisés il était carrelé en brique cuite.

Par Laghouati - Publié dans : contributions de M.KRADRA - Communauté : les amis de l'algérie
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Commentaires

Belle proposition , pour ma part je suis partant ,avec une si belle compagnie qui dit mieux,  merci de votre confiance pour ma modeste personne.Amine Lotfi
Commentaire n°1 posté par Amine Lotfi le 07/07/2009 à 14h22
Attendons la réponse de notre ami Kradra
Réponse de Laghouati le 07/07/2009 à 17h10
Merci pour ce recit qui nous apprend à etre moins suffisant et à mieux ecouter les bruissements de la memoire qui s'effilloche  belle histoire belle morale  et de surcroit tres bien ecrit .Merci Mr KRADRA pour cette reminescence .Amine Lotfi
Commentaire n°2 posté par Amine Lotfi le 06/07/2009 à 13h48
Un certain jour , un ami m'a suggeré de faire un livre collectif qui regrouperait tous les souvenirs et bons moments de notre enfance et notre adolescense à laghouat .Il y aurait toi, Amine, Mohamed Kradra, moi-meme et peut-etre un ou deux autres amis . Que pensez-vous de cette idée?
Réponse de Laghouati le 06/07/2009 à 17h47

·       Comme de coutume, ton soupçon d’imagination et d’humour bien traduits et bien mariés, est pour tes récits comme un soupçon de Efff-Ahh made in tunisia qui donne envie de dévorer sans relâche toute la production Kradra. Merci encore une fois pour cet hommage à une autre personne qu’on a failli oublier injustement voire ignorer son existence dans la mémoire locale comme sont en train de subir malheureusement beaucoup d’autres dans  les oasis  de Laghouat

Commentaire n°3 posté par Lakhdar le 05/07/2009 à 11h12
 
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