Retour à Boufarik, 45 ans après......

Publié le par Laghouati

25/05/2009 16:41



Profitant de mon voyage à Alger, ces derniers jours, je me suis déplacé à Boufarik, distante de 30 km dans le but de revoir le lycée où j’ai fais mes études secondaires. Cela remonte à 45 ans en arrière : en 1963, après avoir obtenu mon BEPC, j’ai dû quitter contraint et  la mort dans l’âme, Laghouat  que je n’avais jamais voulu quitter. Mais, le cycle secondaire n’existant pas à Laghouat, les collégiens Laghouatis devaient s’orienter soit sur Médéa, Blida ou encore Boufarik.

J’ai revu le lycée  de mes 16 ans ; rien n’a pratiquement changé, je n’ai pas eu de peine à me reconnaitre en traversant la rue qui y menait. Lorsqu’apparut devant mes yeux l’entrée du lycée, une joie immense m’envahit et mon cœur se met à battre plus fort, tant l’émotion était forte.

Comment  rester impassible lorsque votre mémoire vous transporte 45 ans en arrière, à l’âge de  l’adolescence insouciante  et aux doux souvenirs d’un passé révolu ?


Je franchis la porte d’entrée d’un pas hésitant, j’expliquai au concierge le pourquoi de ma visite, celui-ci  m’invita à entrer et me permit d’aller revoir les lieux que j’ai fréquentés jadis. Ce fut un véritable ébahissement à la vue des couloirs de l’établissement  qui abritait l’administration et où il nous était interdit de nous aventurer sous peine de sanctions, allègrement distribuées par le Surgé (Surveillant Général)  ou ce que nous appelions les « pions » (maitres d’internat). Chacun avait son surnom  attitré  et pas toujours à l’honneur des intéressés.


J’ai revu  la  grande cour qui est restée telle quelle, la cour qui abritait les matchs mémorables entre les villes dont étaient originaires la plus grande partie des élèves internes : nous avions  Laghouat, Batna, Alger et villes du centre telles que Blida, Médéa, Birtouta... On pouvait compter un grand nombre de Laghouatis qui étaient de l’ordre d’une vingtaine. Une lutte toute fraternelle nous opposait aux internes de Batna qui avait d’excellents joueurs.  Les matchs entre Laghouatis et Batnéens étaient épiques et emprunts d’une « hargne » et d’une « férocité », restées dans toutes les mémoires.  Le jour du match, nous nous dépêchions de prendre notre repas de midi et de courir prendre nos places au « stade », le match pouvait commencer ! De midi trente à treize  heures quinze (l’heure de l’étude), c’était la durée des  matchs, des matchs pleins qui n’avaient beaucoup à envier aux compétitions officielles.  Ces matchs nous aidaient, nous potaches, à oublier pour quelques minutes, les dures conditions d’internat et la séparation d’avec  nos familles et nos villes.


Boufarik, c’est également la fameuse  zlabia de la famille Aksil . Je me suis rendu à la boutique de la famille boufarikoise mais je n’ai trouvé que désolation, porte close, personne de la famille n’a continué à exercer dans le métier qui a fait leur réputation au-delà des distances.  Rien ne ressemble à  autrefois, Boufarik , la belle petite ville du Mitidja a perdu toute sa beauté , : constructions hideuses, rues envahies par des dizaines de vendeurs ,  et toutes les facettes de ce que sont devenues de nombreuses autres villes qui ont perdu leurs cachets distinctifs.


Boufarik, c’est encore les beaux vergers plantés d’orangers qui ont fait de la ville la capitale de l’orange.  On pouvait y acheter des cageots entiers de succulentes oranges pour quelques malheureux sous. Tout cela, est malheureusement bien loin : tout a été envahi par le béton et à la place des beaux vergers et des espaces verts, des villas cossues appartenant aux nouveaux riches vous agressent les yeux en vous défiant avec  leur « richesse crasseuse ».

Boufarik, que j’ai connu, il y a 45 ans, est une image d’un passé révolu, disparu à jamais. Tout a été honteusement travesti  et il ne nous reste que les doux souvenirs pour égayer nos vies tourmentées par tant de gaspillages .

 

Publié dans Mohamed HADJ AISSA

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amine Lotfi 08/07/2009 00:14

Boufarif c'est surtout le pays des  oranges succulentes c'est la Mitidja qui vous prend d'emblée dans ses bras seculiers c'est le piemont dans toute sa splendeur , c'est Chréa qui vous fait un joli coucou , c'est Alger qui essaie de vous tordre le bras pour venir  la rejoindre  c'est la luxuriance , c'est la magnificence ce sont  les arbres de platane centenaires qui nous rappelle à nous les refoulés du 20 ieme siecle la vegetation de laghouat de notre enfance c'est la serenité, le calme champetre et c'est un coin magnifique de carte postale qui restera figé dans notre  memoire , c'est aussi la derniére halte avant MEZGHENA la magnifique c'est la porte derobée qui s'ouvre sur ce passé radieux où nous etions tous beaux et cons à la fois comme pour paraphraser une chanson du grand JACQUES BREL merci pour cette halte dans les souvenirs.Amine Lotfi

sastre jean louis 07/07/2009 16:20

bonjour     moi je reviens d un voyage dans la mitidja (sidi moussa) ou j ai ete acceilli par des anciens camarades de classe mon retour fut royal                  effectivement beaucoup de changement pas toujours en bien  notre ancienne ferme n exciste plus il y a des construction anarchiques                  par contre je me suis retrouve dans le village tres a l aise et salue par beaucoup d anciens                    on me demandais des nouvelles de tout le monde  et principalement des enseignants

Laghouati 07/07/2009 17:07


C'est pour dire que malgré ce qui s'est passé entre nos 02 pays, l'amitié entre les peuples est plus forte que la haine et la discrimination.


Curieux..Curieuse..c'est...ICI 25/05/2009 20:02

Bonne semaine à un blog oùj aime revenir...Lorentet ses 2900 TRésors lesTAILLE CRAYON