"L'indépendance confisquée" ( Ferhat Abbas)-Extraits 1- posté par Hadj Kamal Hadjoudja -

Publié le par LAGHOUATI

"L'indépendance confisquée" ( Ferhat Abbas)-Extraits 1- posté par Hadj Kamal Hadjoudja -
"L'indépendance confisquée" ( Ferhat Abbas)-Extraits 1- posté par Hadj Kamal Hadjoudja -

L'INDEPENDANCE CONFISQUEE. Par MR. FERHAT ABBAS. Président du G.P.R.A. (de 1958 à 1961) Et Président de la R.A.D.P. (du 25/9/1962 au 15/9/1963) (1ère édition : 1984).

 

EXTRAITS - 1 -

 

PREAMBULE : Militant impénitent de la justice et des libertés, pourfendeur impitoyable de l’hydre coloniale, homme de dialogue et de tolérance, humaniste au grand cœur et aux idées larges, généreuses et prémonitoires ; le regretté FERHAT ABBAS (A.Y.) apparait aujourd’hui comme la CHANCE RATEE du destin de l’Algérie moderne. « Je ne convoite ni pouvoir ni honneur, je veux seulement dire, devant mon pays, ce que j’ai vu et ce que je pense » ; proclamait-il solennellement…

A croire que l’auteur vit toujours parmi nous et colle à la réalité de nos problèmes… Qu’on en juge !!

« PAR QUELS CHEMINS TORTUEUX L’ALGERIE INDEPENDANTE EST-ELLE ARRIVEE A VIVRE SOUS UN REGIME TOTALITAIRE ?

 

Les peuples ne choisissent pas le Totalitarisme. Il s’impose à eux par la force ou par la ruse, et les réduit à l’état de figurants. Il faut que chaque citoyen en soit conscient.

Ces régimes trahissent l’avenir, trahissent la morale et ses principes. Ils sont en contradiction fondamentale avec l’Islam et les droits de l’homme.

 

En démocratie réelle, tous les citoyens participent effectivement aux affaires publiques. Le pouvoir émane de la volonté de tous, librement exprimée. Ce dogme a prévalu dans l’Islam dès la mort du PROPHETE(SAWS). Le Calife ABOU BAKR a été élu par toute la communauté musulmane réunie et consultée. Et cette règle de l’Islam et de la démocratie a été violée chez nous dès la fin de la guerre de libération par des hommes qui ont fait fi des sacrifices de notre peuple, en lui confisquant sa victoire.

 

A aucun moment ces hommes n’ont pensé à lui donner la parole, alors que lui seul avait le droit de légiférer pour le pays. Vingt ans ont passé. Les deux hommes qui ont rusé avec l’histoire ont été écartés par l’histoire. BEN BELLA a été chassé du pouvoir par le coup d’état du 19 juin 1965 perpétré par le groupe d’Oujda au bénéfice de BOUMEDIENNE, son allié de la veille et son ministre de la défense. Celui-ci l’enferma 14 ans, sans acte d’accusation, sans jugement, sur simple « lettre de cachet », comme sous les Rois de France. Son geôlier pensait sans doute à tout sauf à son destin et à la mort. Il fut emporté en pleine force de l’âge par une grave et brutale maladie, le 28 décembre 1978.

 

Ainsi se termina l’aventure de deux hommes qui se considéraient, sans raison, comme des surhommes, et qui ont pris le pouvoir par la ruse et par la force. Pendant que le peuple Algérien versait son sang à flots pour ouvrir la voie à l’indépendance et à la liberté, eux se nourrissaient du rêve de devenir des « sultans » dans leur pays…Aux plus mauvais jours, à ADRAR, comme dans ma résidence surveillée à KOUBA, je vivais mon isolement et ma solitude sans jamais désespérer de l’avenir de la démocratie et du réveil du peuple. Toute ma vie j’ai vécu l’ISLAM dans son intensité et rêvé de la liberté dans sa plénitude. Aucun pouvoir quel qu’il soit, ne peut emprisonner indéfiniment la conscience d’un homme ou d’un peuple.

Certains penseront peut-être que BEN BELLA comme BOUMEDIENNE étaient mus par la recherche du bien public et la volonté d’apporter un changement à l’Algérie. Mais en réalité ils n’ont fait l’un et l’autre, que du PATERNALISME à bon marché, en s’appuyant sur une « maffia » de « petits copains » prêts à se servir plutôt qu’à servir…Sous leur régime, le slogan « par le peuple pour le peuple » est devenu, selon l’expression employée par HARBI, « par nous et pour nous »…

 

Pour moi, je leur pardonne beaucoup de choses. Mais je ne peux leur pardonner qu’ils aient introduit dans notre pays les pratiques staliniennes, le collectivisme parasitaire des démocraties populaires, et qu’ils aient changé notre style de vie. TOUS LES DEUX ONT MECONNU L’ISLAM…

 

Je crois, en effet, qu’au-dessus des multitudes humaines, de leurs actions, de leurs agitations, de leurs calculs, il y’a un JUGE SUPPREME. Quoi qu’il en soit, à chacun sa destinée. La sagesse commande que l’on gouverne à « tombeau ouvert », comme les cavaliers du désert. Le pouvoir ne met pas à l’abri de la mort. Lorsque j’étais Président du Gouvernement Provisoire, JE PENSAIS SOUVENT AUX COMPTES QUE JE DEVAIS RENDRE AU PEUPLE ET A DIEU. Je vivais en parfaite communion d’idées avec nos maquisards. Ce n’est pas sans raison que ceux-ci se dénommèrent MOUDJAHIDINE, « les combattants de la foi ». C’est l’ISLAM qui a conduit leurs pas. Leur cri de guerre était « Allah Akbar » « DIEU est le plus grand ». Leur cri d’espérance était aussi : « Yahia el islam ou el hourria » « que vivent l’islam et la liberté »…

Il faut espérer qu’il n’y aura plus de descente en enfer. La foi qui nous a sauvés hier nous sauvera demain. L’esprit de solidarité nationale qui nous a soudés pour détruire un régime colonial injuste nous animera de nouveau pour édifier une République Algérienne authentiquement libre, débarrassée des séquelles de siècles de servitude et des miasmes d’une dictature malfaisante qui n’ose pas dire son nom.

 

J’écris ce livre pour la jeunesse, pour ceux qui naissent à la vie et qui n’ont connu ni régime colonial ni guerre d’Algérie. Ces jeunes doivent se préparer aux responsabilités de demain. Mon livre est un message, un hymne à la démocratie et aux libertés essentielles de l’homme. Et aussi un hymne à sa dignité. Aussi dirais-je à ces jeunes que vivre c’est choisir et non subir.

 

Je ne suis ni fanatique, ni rétrograde, ni intégriste. Je suis pour un islam ouvert à la science, à la technique moderne, ouvert sur le monde extérieur, sur les autres civilisations et les autres croyances. Un Islam dont les premières vertus sont la générosité du cœur et la tolérance…C’est pourquoi il faut s’armer moralement pour parer aux dangers de la vie. De graves menaces pèsent encore sur l’humanité, et, d’un jour à l’autre la tempête peut déferler sur le monde. Si ce cataclysme se produisait, la JEUNESSE y résisterait mieux en restant fidèle à la foi de ses pères, à son enracinement. C’est dire que nous pouvons adopter la voie du progrès, sans renier notre origine et nos sages traditions, sans tourner le dos à l’héritage des ancêtres, sans abandonner notre style de vie. C’est dans notre passé que nous devons puiser notre force et notre raison d’être…

 

Durant mon combat politique la BONNE FOI était ma règle, la CROYANCE EN DIEU mon soutien, L’ISLAM mon guide, le PROGRES, la LIBEERTE et la JUSTICE SOCIALE mon idéal de tous les jours.

 

  1. l’espoir que la MEME CROYANCE et le même IDEAL guident nos enfants et donnent un sens à leur vie. Puissent ces enfants marcher vers le changement et les temps nouveaux sans mutiler l’Islam, sans renoncer à la liberté et sans renier leur propre civilisation !! ». Fin de citation.

En préfaçant l’œuvre de MR. FERHAT ABBAS, Mr. ABDERRAHMANE REBAHI, ancien journaliste de la rubrique culturelle d’EL MOUDJAHID, la qualifia en ces termes : « Voici un livre, sans haine et sans complaisance, où l’on décrypte les malheurs présents des algériens à la lumière des prévarications et des errements des premiers ans de l’indépendance.

 

On imagine mal comment l’histoire pourrait absoudre et exonérer tous ces aventuriers assoiffés de pouvoir, d’honneurs et de richesses, qui se sont empressés de priver le Peuple Algérien de la joie d’exercer sa liberté ? ».

 

Fin de l’extrait- 1 – Pages : 20 à 28

 

Extraits postés par notre ami hadj Kamal Hadjoudja que nous remercions de nous permettre de prendre connaissance du livre de l’un de nos dirigeants décédé et à qui il n’a pas été permis de concrtétiser les belles idées de liberté, de démocratie et d’ouverture sur le monde que portait son projet .

Merci Hadj Kamal ! Nous espérons que vous ne vous en arreterez pas là et que nous pourrons livre ( à petites doses) l’intégralité du livre

 

Mohamed Hadj Aissa

 

Publié dans K.HADJOUDJA

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