سبقاق و ما أدراك ما سبقاق

Publié le par LAGHOUATI

 

 

 

Publié dans Nos amis photographes

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Dania 11/03/2017 13:06

En vérité la soif de confort assassine la passion de l'âme, et va en ricanant à son enterrement.


..."Alors un maçon s'avança et dit,
Parle-nous des maisons.
Et il répondit en disant:
A partir de votre imaginaire, construisez un foyer dans le désert avant que de bâtir une maison dans l'enceinte de la cité.
Car de m^me que vous rentrer parfois en votre crépuscule, de même le voyageur en vous est-il celui qui est toujours loin et seul.
Votre maison est votre corps le plus grand.
Elle pousse dans le soleil et dort dans le calme de la nuit ; et elle n'est pas sans rêves.
Votre maison ne rêve pas? Et rêvant, ne quitte-t-elle pas la ville pour la forêt ou le sommet de la colline?

Si je pouvais amasser vos demeures dans ma main et, comme un semeur les répandre au sein de la forêt et de la prairie!
Puisse les vallées être vos rues et les verts sentiers vos allées, afin que vous puissiez vous chercher les uns les autres à travers les vignes et revenir avec le parfum de la terre dans vos vêtements.

Mais le temps de cela n'est pas encore venu.
Dans leur peur, vos ancêtres vous ont assemblés trp près les uns des autres. Et cette peur durera encore. Les murs de vos villes sépareront un peu de temps encore vos foyer de vos champs.

Et dites-moi, peuple d'Orphalese, Qu'avez-vous dans vos maisons? Et que préservez-vous derrière ces portes fermées?
Avez-vous la paix, la tranquille force qui révèle votre pouvoir?
Avez-vous les réminiscences, ces voûtes étincelantes qui enjambent les sommets de la conscience?
Avez-vous la beauté, celle qui mène le cœur des objets faits de bois et de pierre vers la montagne sainte?
Dites-moi , avez-vous tout cela dans vos maisons?
Ou avez-vous seulement du confort, et l'envie du confort, ce furtif besoin qui rentre à la maison en invité, puis se transforme en hôte puis en maître.
Oui, et il devient un dompteur, qui avec crochets et lanières fait de vous des pantins de vos plus grands désirs.
Quoique ses mains se révèlent de soie, son cœur est d'acier.

Il se rit de la santé de vos sens et les enveloppe dans l'ouate comme de fragiles vases.
En vérité la soif de confort assassine la passion de l'âme, et va en ricanant à son enterrement.

Mais vous, enfants de l'espace, vous qui êtes impatients dans le repos, vous ne serez ni capturés ni domptés.
Votre demeure ne sera pas une ancre mais un mât.
Elle ne sera pas un voile brillant couvrant une blessure mais une paupière qui protège l’œil

Vous ne replierez pas vos ailes pour franchir les portes, ne courberez pas vos têtes afin qu'elles ne heurtent pas un plafond ni n'aurez peur de respirer dans la hantise que les murs se lézardent et s'écroulent.
Vous n'habitez pas des tombes faites par les vivants pour les morts.
Même construire avec somptuosité et splendeur, votre demeure ne saurait renfermer votre secret ni abriter votre attente.

Car ce qui est illimité en vous vit dans le palais de l'espace, dont la parole est la brume du matin et dont les chants et les silences de la nuit sont les fenêtres.

Kalil Gibran. Le prophète.

MOHAMED HADJ AISSA 11/03/2017 13:51

Très joli