Ma contribution au débat sur la "situation de notre pays".

Publié le par LAGHOUATI

 

Je remercie notre ami Hadj Kamel Hadjoudja pour sa contribution au débat que je voudrais encore plus étendu et auquel contribueraient nos amis . C’est un débat qui mérite d’être soulevé par les générations qui ont vécu la période coloniale , pour faire le bilan de notre pays , passer en revue les erreurs , analyser objectivement et impartialement toutes nos réalisations ( parce qu’il y en a eu , Dieu Merci).

Je suis d’accord avec toi en gros sur ton analyse. Mais tout ce qu’il y a  , c’est qu’à travers mes questionnements , je voulais seulement signifier que les hommes politiques ne sont pas les seuls responsables de ce qui est arrivé à notre pays . Les intellectuels, eux aussi sont responsables  pour s’être tus , de ne pas avoir assez dénoncé , de ne pas avoir eu le courage de dire Non . Nous, aussi le petit peuple , nous avons notre responsabilité , nous n’avons pas eu ce courage de soutenir quelques hommes intègres, loyaux, honnêtes qui ont osé alerter la nation sur les graves dérives des tenants du pouvoir .

Pour aller dans le même sens je fais appel à Si Mohamed Rezzoug qui écrivait dans ses « bribes de mémoire » ceci :

"...Dans le contexte actuel, nos jeunes ne peuvent imaginer que des hommes prestigieux comme Ben Khedda, Dahlab, Boussouf, Krim, Khider, Ait Ahmed, Boudiaf, Ben Tobbal ou Ferhat Abbas, pour ne citer que les plus connus, aient été évincés l’un après l’autre et qu’oubliant leurs petites querelles ne se soient pas unis pour adresser au Peuple un message dénonçant cette confiscation du pouvoir et appelant à des élections libres d’un Parlement souverain, réellement représentatif. Tous ces hommes avaient crédit auprès du peuple, et leur silence peut aujourd’hui étonner. Notre printemps a été raté à cette époque : le slogan « sept ans ça suffit » a été une réaction populaire salutaire – sans doute- face au danger réel d’affrontements sanglants. Il a malheureusement pris le sens d’un consentement et d’une adhésion populaire.

 

Pourtant ces mêmes hommes se sont  bien entendus pour mettre au placard celui qui avait su les faire cohabiter et dont ils partageaient le même idéal et le même projet de Révolution. Messali avait des défauts, mais on peut se demander si ses détracteurs n’en avaient pas autant. Ayant consenti ou admis l’élimination de Abbane, certains parmi eux ont montré qu’ils étaient autant imbus de leur personne, ce qui les rendait inaptes à accepter la collégialité et le recours à l’arbitrage du suffrage populaire.

S’ils avaient réellement cru à la capacité du peuple de juger des conflits de tendances ou de personnes, ils auraient pu se réunir autour d’un programme commun, offrant une autre alternative que celle qu’ils ont choisie : le silence, le maquis, parfois la subversion et le complot, les liquidations.

Il faut préciser toutefois que ceux qui se sont hasardés dans ces actions clandestines ne pouvaient compter sur aucun relais pour éveiller une opinion  qui n’appréciait guère l’esprit d’aventure et les auteurs de « fetna ».

En l’absence de moyens d’information, dans un pays aussi vaste que le  nôtre, ces entreprises ne pouvaient concerner qu’un nombre  limité de partisans  circonscrites à une région donnée et revêtant fatalement un caractère régionaliste.

 Nous n’avions donc de ces crises que de vagues échos différés que nous apprenions par bribes et qui nous paraissaient relever de la nature des mœurs propres au cercle des dirigeants. Aujourd’hui, le drame d’une jeune Pakistanaise, agressée devant son école, est instantanément répercuté par les divers medias, soulevant l’émotion et l’indignation de la planète entière.

Par contre, à cette époque, les événements qui ont  marqué la vie politique et la destinée de notre Nation se sont généralement déroulés en vase clos...."

Mohamed Rezzoug Ben Bachir

 

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